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Droit européen de la franchise – Règlement et impact

Publié le
18/6/2026

Droit européen de la franchise – Règlement et impact

Comprendre le droit européen de la franchise est essentiel. Cet article décrypte le règlement d'exemption et son impact concret sur les contrats et obligations.
risques devenir franchiseur
14 minutes
de lecture

Pour accélérer votre développement dans plusieurs États membres, il devient indispensable de comprendre comment le droit européen encadre la franchise. Ce cadre repose d’abord sur le droit de la concurrence et le règlement sur les accords verticaux, complétés par des lignes directrices détaillées et par la soft law incarnée par le Code de déontologie européen.

Ces sources conditionnent la rédaction de vos contrats, les restrictions que vous imposez à vos franchisés et, plus largement, la stratégie de votre réseau au-delà des frontières nationales.

Le droit européen de la franchise : règlement et impact

Temps de lecture : ~14 min

1. Cadre du droit européen de la franchise : comprendre la logique concurrence

2. Soft law et normalisation des pratiques avec le Code de déontologie européen

3. Impact concret du droit européen sur vos contrats de franchise

4. Enjeux stratégiques du droit européen pour les franchiseurs internationalisants

5. Questions fréquentes sur le droit européen de la franchise

6. Synthèse

Cadre du droit européen de la franchise : comprendre la logique concurrence

Contrairement à la France, la plupart des États membres ne disposent pas d’une loi spécifique sur l’information précontractuelle. La franchise est donc régie, au niveau de l’Union européenne, quasi exclusivement par le droit de la concurrence et le règlement sur les accords verticaux.

Un contrat de franchise est qualifié d’accord vertical : il réunit à la fois une distribution de biens ou services et un transfert de savoir-faire protégé par la propriété intellectuelle, au sein d’une coopération suivie.

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Règlement sur les accords verticaux et lignes directrices

Le règlement (ex-330/2010, désormais révisé) offre une exemption par catégorie lorsque chaque partie reste sous un certain seuil de part de marché et que le contrat ne comporte pas de restrictions « caractérisées ». Les lignes directrices expliquent comment la Commission et les autorités nationales apprécient les clauses sensibles :

• non-concurrence

• exclusivité territoriale ou de clientèle

• approvisionnement exclusif

• fixation ou influence des prix de revente

• encadrement des ventes en ligne

La spécificité de la franchise est reconnue : certaines restrictions peuvent se justifier par la protection du savoir-faire ou de l’identité du réseau, à condition d’être nécessaires et proportionnées.

Articulation avec les droits nationaux

Le droit européen de la concurrence ne remplace pas les règles locales : vos contrats restent soumis au droit national des contrats, à la protection des consommateurs ou des commerçants franchisés et aux éventuelles lois sectorielles. En l’absence de législation nationale exhaustive, praticiens et juges se réfèrent largement au cadre de l’Union et au Code de déontologie européen.

Soft law et normalisation des pratiques avec le Code de déontologie européen

Adopté par la Fédération Européenne de la Franchise, le Code de déontologie fournit une définition commune de la franchise : coopération entre entreprises indépendantes, usage d’une enseigne commune, transfert d’un savoir-faire secret, assistance continue et contrat écrit.

Il fixe aussi des standards sur l’information précontractuelle, la gestion des litiges et l’éthique du réseau. Sans valeur réglementaire, il devient obligatoire pour les membres des fédérations signataires ou lorsque le contrat y renvoie. Les tribunaux l’utilisent fréquemment comme indice des obligations réciproques, d’où l’intérêt de s’y conformer lors d’un déploiement paneuropéen.

Pour approfondir la notion de savoir-faire, voir : notion de savoir faire en franchise.

Impact concret du droit européen sur vos contrats de franchise

Clauses de non-concurrence et exclusivités territoriales

Une non-concurrence pendant la durée du contrat est admise si elle se limite aux locaux du franchisé, protège réellement le savoir-faire et reste proportionnée. Après la fin du contrat, elle doit généralement être limitée à un an, se cantonner aux anciens locaux et viser des activités concurrentes. Les exclusivités territoriales demeurent possibles mais vous ne pouvez interdire les ventes passives vers d’autres États membres ou via internet.

Fixation des prix et pilotage de la politique commerciale

Imposer un prix de revente fixe ou minimum constitue une restriction caractérisée. Restent licites : recommandations réellement indicatives ou plafonds de prix, sous réserve de ne pas devenir obligatoires. Une pression excessive, même informelle, peut être assimilée à une entente sur les prix.

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Approvisionnement exclusif et protection du savoir-faire

Les obligations d’achat exclusif sont tolérées lorsqu’elles garantissent l’homogénéité du concept sans fermer indûment le marché. Le franchisé devrait rester libre pour les fournitures non essentielles et l’exclusivité doit être justifiée par le caractère secret, substantiel et identifié du savoir-faire transmis.

Enjeux stratégiques du droit européen pour les franchiseurs internationalisants

Choix du modèle contractuel : franchise directe, multi-unités, master franchise ou joint-venture locale génèrent chacun une chaîne d’accords verticaux à tester au regard du règlement et des lignes directrices. Le Code de déontologie s’applique plutôt entre master franchisé et franchisés finaux.

Standardisation contractuelle : bâtir un socle unique conforme au droit de l’Union facilite le déploiement pays par pays. Voir : développer votre réseau de franchise à l’international.

Gestion des écarts post-Brexit : le droit britannique de la concurrence évolue désormais de façon autonome ; un contrat couvrant l’UE et le Royaume-Uni doit donc être analysé sous deux grilles parallèles.

Non-concurrence et exclusivités : points de vigilance

Protégez l’identité du concept tout en limitant durée et périmètre, respectez la liberté de ventes passives en ligne et encadrez strictement la non-concurrence post-contractuelle.

Prix et politique commerciale : points de vigilance

Maintenez la cohérence de l’image-prix sans imposer de minimums ; privilégiez des recommandations écrites et surveillez toute pression indirecte.

Approvisionnement et savoir-faire : points de vigilance

Justifiez l’exclusivité par la nécessité de protéger le savoir-faire, conservez une marge de liberté pour les fournitures non stratégiques et évitez les verrous de marché.

Questions fréquentes sur le droit européen de la franchise

Existe-t-il une loi européenne spécifique à la franchise ?

Non. Le cadre repose sur le règlement accords verticaux, les lignes directrices de la Commission et le Code de déontologie européen, complétés par les droits nationaux.

Le Code de déontologie européen est-il obligatoire pour mon réseau ?

Il le devient si vous y adhérez via une fédération ou si vos contrats le mentionnent. Même sans adhésion, les tribunaux peuvent s’y référer pour apprécier vos pratiques.

Que risque un franchiseur qui méconnaît le droit de la concurrence européen ?

Nullité de clauses, actions en dommages et intérêts, enquêtes des autorités de concurrence et atteinte à la réputation du réseau, risques amplifiés par la taille du réseau et la sévérité des restrictions.

Comment concilier standardisation européenne et adaptations locales ?

Créez un socle contractuel conforme au droit de l’UE, puis ajoutez des modules nationaux (par exemple la loi précontractuelle française) afin de rester lisible et sécurisé.

Comment anticiper les évolutions du cadre européen ?

Prévoyez des clauses de révision et suivez les mises à jour périodiques du règlement et des lignes directrices, notamment sur l’e-commerce et les plateformes.

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Synthèse

Le droit européen de la franchise combine un socle « hard law » (règlement accords verticaux : non-concurrence, exclusivités, prix, approvisionnement) et une « soft law » structurante (Code de déontologie). Appliqués conjointement, ils sécurisent votre réseau et peuvent devenir un levier stratégique pour organiser votre savoir-faire et vos contrats. Pour aller plus loin : legal franchise et notre service d’accompagnement au développement de franchise.

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Cet article est rédigé par le cabinet Bruzzo Dubucq

Cabinet d'avocats élu meilleure firme régionale en 2024 et 2025.

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